Mondialisation et écologisation des pratiques paysannes (MEPPA):Vers une reconfiguration des savoirs sur la nature ?

Project

Colombie, Mexique
Mina Kleiche-Dray

Depuis les années 1980, la libéralisation de l’économie mexicaine et son intégration au marché international puis plus tard, l’entrée dans l’OCDE et la signature des accords de libre échange (ALENA) avec les Etats Unis et le Canada ont fait abandonner au gouvernement mexicain l’économie protectionniste de substitution aux importations qui avait été à la base de son économie depuis les années 1940 (Privatisation d’organismes d’encadrement et de régulation chargés des filières agricoles sectorielles : CONASUPO, Compañía Nacional de Subsistencias Populares, INMECAFE, Instituto Mexicano del Cafe, etc.). Ce changement a eu un fort impact sur l’agriculture nationale impulsant des cultures plus intensives et destinées à l’exportation, ce qui a provoqué une augmentation des importations agricoles - le Mexique est devenu le troisième importateur mondial de céréales, juste derrière le Japon et l’Union Européenne - une surexploitation des ressources naturelles (agricoles et extratives) et une dégradation de l’environnement. Beaucoup de petits agriculteurs ont abandonné leurs terres renforçant pour une partie importante la migration aux Etats-Unis, cédant à la pression des compagnies minières. D’autres ont remplacé leurs cultures « traditionnelles » par des cultures plus rentables et/ou durables pour répondre aux demandes du marché (international, bio, slow food, etc.). Dans un contexte influencé aussi par la valorisation des savoirs autochtones et paysans (Accords de San Andrés, 1994 ; Réforme de la constitution mexicaine et nouveau Plan de Développement Durable en 2000), associations civiles (ONG), prestadores de servicios profesionales (PSP) (« techniciens privés »), certificateurs, fondations privées, mouvements de défenses paysannes, mouvements de défense identitaire « indigenas y afrodescendientes » se sont aussi engagés auprès de ces petits agriculteurs dans des projets de développement rural proposant et/ou appuyant un (des ?) modèle(s) de développement agricole alternatifs. Ces nouveaux acteurs parlent et agissent de plus en plus au nom de la récupération de savoirs techniques ancestraux pour un usage durable et équitable des éléments naturels destinés à l’alimentation. De multiples et divers lieux de savoirs (C. Jacob, ‎ 2007), dispositifs (normes et réseaux) et agencements d’acteurs (M.Foucault, 1969, 1975 ; G. Deleuze, 1989) émergent ; ce qui interroge les modalités de la recomposition des savoirs sur la nature liés aux pratiques paysannes en contexte situé. En effet ces modalités consistent en un jeu continu de circulation, de mise en relation et de traduction à travers des confrontations et des échanges de savoirs. Elles aboutissent à de « ré-appropriations créatrices » (E. Glissant, 1990) ou des « dissidences créatrices » (A. Nandy, 1980, 1987). Elles participent ainsi à la construction de nouvelles normes et de réseaux d’acteurs divers et multiples agissant à différentes échelles. Et les produits qui résultent sont à priori imprévisibles. Depuis les années 1980, la libéralisation de l’économie mexicaine et son intégration au marché international puis plus tard, l’entrée dans l’OCDE et la signature des accords de libre échange (ALENA) avec les Etats Unis et le Canada ont fait abandonner au gouvernement mexicain l’économie protectionniste de substitution aux importations qui avait été à la base de son économie depuis les années 1940 (Privatisation d’organismes d’encadrement et de régulation chargés des filières agricoles sectorielles : CONASUPO, Compañía Nacional de Subsistencias Populares, INMECAFE, Instituto Mexicano del Cafe, etc.). Ce changement a eu un fort impact sur l’agriculture nationale impulsant des cultures plus intensives et destinées à l’exportation, ce qui a provoqué une augmentation des importations agricoles - le Mexique est devenu le troisième importateur mondial de céréales, juste derrière le Japon et l’Union Européenne - une surexploitation des ressources naturelles (agricoles et extratives) et une dégradation de l’environnement. Beaucoup de petits agriculteurs ont abandonné leurs terres renforçant pour une partie importante la migration aux Etats-Unis, cédant à la pression des compagnies minières. D’autres ont remplacé leurs cultures « traditionnelles » par des cultures plus rentables et/ou durables pour répondre aux demandes du marché (international, bio, slow food, etc.). Dans un contexte influencé aussi par la valorisation des savoirs autochtones et paysans (Accords de San Andrés, 1994 ; Réforme de la constitution mexicaine et nouveau Plan de Développement Durable en 2000), associations civiles (ONG), prestadores de servicios profesionales (PSP) (« techniciens privés »), certificateurs, fondations privées, mouvements de défenses paysannes, mouvements de défense identitaire « indigenas y afrodescendientes » se sont aussi engagés auprès de ces petits agriculteurs dans des projets de développement rural proposant et/ou appuyant un (des ?) modèle(s) de développement agricole alternatifs. Ces nouveaux acteurs parlent et agissent de plus en plus au nom de la récupération de savoirs techniques ancestraux pour un usage durable et équitable des éléments naturels destinés à l’alimentation. De multiples et divers lieux de savoirs (C. Jacob, ‎ 2007), dispositifs (normes et réseaux) et agencements d’acteurs (M.Foucault, 1969, 1975 ; G. Deleuze, 1989) émergent ; ce qui interroge les modalités de la recomposition des savoirs sur la nature liés aux pratiques paysannes en contexte situé. En effet ces modalités consistent en un jeu continu de circulation, de mise en relation et de traduction à travers des confrontations et des échanges de savoirs. Elles aboutissent à de « ré-appropriations créatrices » (E. Glissant, 1990) ou des « dissidences créatrices » (A. Nandy, 1980, 1987). Elles participent ainsi à la construction de nouvelles normes et de réseaux d’acteurs divers et multiples agissant à différentes échelles. Et les produits qui résultent sont à priori imprévisibles.

Research category
R&D
Main disciplines
Etudes sociales des Sciences (Science technology and Society, STS) et anthropologie historique
Main topics
acteurs intermédiaires (ONG),pratiques sociales paysannes, alimentation durable, usage des ressources naturelles, construction et échanges des savoirs,
Reasearch team
  • Mina Kleiche Dray, CR1 Histoire des sciences et des techniques, IRD
Public academic partners
Mina Kleiche-Dray (coordinatrice du programme); Rebeca de Gortari (UNAM, Mexico), Catalina Toro Perez (UNB, Bogota), Irma Aldana Mendoza (étudiante M2 Expertise et population)
Private industrial partners
Non spécifié
Civil society partners
ONG (Puente Para la salud Comunitaria, et Centeolt, Oaxaca, Mexique)
Public stakeholders and collectivities
Non spécifié
Project duration
2015-2017 pour le financement acquis et 2018-2020

Project valorisation

Publication in which journal, colloquiums, national or international restitution workshops, books, film *
atelier de restitution des résultats aux populations concernées par l'étude, co-organisation avec les ONG; réalisation d'un film documentaire