Stratégie intégrée et participative d’exploitation minière à l’échelle des Bassins versant: une étude basée sur l’AMCD, l’évaluation de la vulnérabilité et des services écosytémiques – Application au Bassin de Nakambé

Project

Burkina Faso
Karim SAMOURA

L'influence du secteur minier dans le développement économique des pays de l’Afrique subsaharienne, est de plus en plus grandissante, du fait de l’apport fournipar l’exploitation industrielle, mais aussi par le secteur de l’artisanat minier et des petites mines. Au Burkina Faso, l'impact économique du secteur minier artisanal, bien qu'il soit totalement informel, est comparable à l'impact économique du secteur industriel. Cette analyse cadre bien avec le souhait des autorités, qui tente de promouvoir la petite mine ou la mine partiellement mécanisée. Cependant, le secteur minier artisanal Burkinabé se caractérise par un manque d'encadrement, limitant le contrôle d'une part, et d'autre part la capacité de précision, en raison de la faible connaissance des enjeux associés à plusieurs secteurs de développement dont l’environnement, l’agriculture et la sécurité alimentaire, la foresterie, la santé et la sécurité des travailleurs et des communautés riveraines, la gestion du foncier et autres problèmes sociaux. En effet, son caractère informel qui est une des principales causes des mauvaises pratiques environnementales et sociales associées, contribue à accroitre une perception très négative, même s’il s’agit d’un secteur très productif et essentiel pour l'économie des zones rurales du pays. Selon le rapport de l’EES du secteur minier (Land Ressources, 2014), la mauvaise perception du secteur génère un cercle vicieux d'exclusion sociale et de manque d'attention de la part des autorités, alors qu'au contraire, une attention soutenue serait nécessaire pour briser la spirale des mauvaises pratiques. L’état des lieux des textes légaux sont existants et permettent une gestion du secteur autant au point de vue technique qu’environnementale. Particulièrement pour le secteur minier artisanal, le manque de cadrage environnemental des autorisations, qui sont pourtant en développement important dans le pays et qui, par leur caractère informel et l'usage de produits dangereux, génèrent des impacts importants et des risques sanitaires sérieux pour les populations rurales. Le cadastre minier ne permet pas de prévoir l'expansion à quelques années du secteur minier artisanal et son impact par rapport au secteur minier industriel. Même s’il semble avoir pris en compte les limites des aires protégées et les a exclues des droits miniers, le cadastre n'est pas directement mis à jour avec une base de données sur les autorisations environnementales diverses. A l’échelle d’un bassin versant, les interactions entre les impacts liés à ces secteurs, sont élevées à un niveau tel que la prise de la planification d’un secteur minier artisanal ne saurait être viable sans une évaluation stratégique intégrée et participatif mentant au même niveau les considérations technologiques, économiques, sociales, environnementales et de gouvernance, et favorisant l’implication de toutes les parties prenantes. La mise en place de processus décisionnel permettant l’élaboration d’une telle stratégie, pose à la fois la nécessité d’un changement d’approche de planification et un besoin en outils méthodologiques pour l’amélioration des processus décisionnels. Le Bassin de Nakambé, d’une superficie totale de 81 931 km², regroupe les sous-bassins suivants : Pendjari-kompienga, Nakambé, Nazinon et Sissili. En matière de ressources en eau, le bassin de Nakambé abrite plus de 400 barrages dont les plus importants du pays à savoir les barrages hydroélectriques de Bagré et de la Kompienga et le barrage de Ziga. On y retrouve aussi de nombreux lacs naturels comme celui de Dem, de Bam. Du fait de l’importance de son réseau hydrographique, ce bassin constitue un des greniers du pays, du fait de l’immensité relative des terres agricoles dans un contexte sahélien. Il regorge aussi de forêts et de zones humides, constituant des habitats naturels pour plusieurs espèces végétales et animales terrestres et aquatiques. Selon l’UICN ( 2012 ), les forêts classées dans le Bassin de Nakambé couvre une superficie de 879.346 ha. Cependant, la déforestation dans ce bassin, en partie liée aux activités minières, est la cause principale de l'érosion mais également des problèmes liés à la disponibilité de l'eau. En effet, ce bassin est de plus en plus soumis à l’exploitation minière (mine de Tanéma dans le permis de Randgold depuis 2005, etc.). On y trouve aussi plusieurs sites d’orpaillages en activité depuis plusieurs années, avec des impacts majeurs en termes de dégradation de l’environnement, de détérioration de la qualité des ressources en eau, de menaces pour l’exploitation des plaines irriguées dans lesquelles des milliards de dollars ont été investis par l’Etat Burkinabé. L’expansion de ce secteur, notamment l’exploitation aurifère et l’orpaillage, pourrait devenir à moyens et longs termes, une menace importante pour le développement des secteurs de l’agriculture et de l’élevage, en plus des menaces qui pèsent déjà sur la santé des écosystèmes et des communautés dans les zones minières. Aussi la principale question de recherche du présent projet qui s’inscrit dans cette vision, est : Comment réaliser à l’échelle du bassin de NaKambé, une évaluation stratégique incluant l’environnement, impliquant l’assemble des parties prenantes et s’inscrivant dans une perspective de développement durable, afin de mettre en place un plan stratégique intégrée des ressources minières accepté par tous les acteurs concernés ? De façon spécifique, les questions à traitées sont : 1) Quel est l’état de l’exploitation minière dans le bassin de Nakambé au Burkina Faso ? 2) Quels sont les niveaux de vulnérabilité environnementale, sociale et économique des écosystèmes et des communautés dans le bassin de Nakambé, face aux effets de l’exploitation minière artisanale et industrielle ? 3) Quelle est la stratégie d’exploitation des ressources minières du bassin de Nakambé, intégrant des activités minières industrielles et artisanales compatibles avec la protection de l’environnement et la gestion des autres ressources, et acceptés par les parties prenantes ? 4) Quels sont éléments à prendre en compte dans la mise en place de cadres de gouvernance et de gestion environnementale et sociale comme préalable à la mise en œuvre du plan stratégique le mieux accepté par les parties prenantes ? 5) Quels enseignements et méthodologies tirés des activités et résultats du projets en vue d’un transfert d’approches, d’outils et de bonnes pratiques de planification et gestion durable, pour l’amélioration de l’exploitation minière dans le contexte africain ? L’objectif général de ce projet de recherche-action est de contribuer au développement d’outils méthodologiques innovants d’élaboration d’un plan stratégique intégrée de gestion durable des ressources minières du bassin de NaKambé, impliquant l’assemble des parties prenantes et s’inscrivant dans une perspective de développement durable.

Research category
Il s'agit d'une recherche académique, avec une application terrain en temps réel et avec les acteurs du bassin, dont la finalité est : i. le développement d'outils méthodologique transrerables à d'autres bassins versant et autres pays ou contextes ; ii. l
Main disciplines
Les principales disciplines concernées sont : la géologie appliquée et les mines, l'écologie/forestérie, la chimie (qualité de l'eau et des sols), l'économie de l'environnement, la sociologie,la santé publique (études épidémiologique, maladies hydrique),
Main topics
Faire l’état des lieux l’exploitation minière dans le bassin de Nakambé au Burkina Faso en caractérisant les ressources disponibles et leurs modes d’exploitation ; • Evaluer et cartographier la vulnérabilité environnementale, sociale et économique des éco
Reasearch team
  • KARIM SAMOURA, Docteur, Habilitation à co-encadrer(Unversité du Québec à Montréal, Canada) Environnementaliste, Université Aube Nouvelle
Public academic partners
Université Aube Nouvelle, Ouagadougou, Burkina Faso (Programme de Master en Management de l'environnement et Développement durable, Ecole doctorale, UFR Sciences et technologie) ; Université Ouaga1 Pr Joseph Ki-Zerbo / École Nationale Supérieure d'Ingénie
Private industrial partners
Chambre des mines du Burkina Faso, Entreprises minières en place dans le bassin de Nakambé
Civil society partners
SNV, ONG ORCADE, Programme SRJS/IUCN-NL, autres acteurs associatifs du paysage du Bassin de Nakambé (organisations paysannes pour l'agriculture, l'élevage, la pêche, l'orpaillage, etc.)
Public stakeholders and collectivities
Ouahigouya, Tenkodogo (Bagré), Zignaré (Ziga)
Project duration
La durée du projet est estimée à 5 ans afin de permettre la réalisation effectives des études doctoraes prévues, l'implémentation des outils et activités, suivi et essai de transferts des résultats et enseignements

Project valorisation

Publication in which journal, colloquiums, national or international restitution workshops, books, film *
Identification de revues à venir ; rédaction de mémoires et thèses ; rédaction d'un ouvrage en collaboration avec l'IRD ; Montage d'un film pédagogique sur la négociation multiacteurs avec les acteurs impliqués; Mise en ligne des résultats des études sur le sites du réseau AMEDEE ; élaboration de manuels et produits de communication/sensibilisation