Conflits socio-environnementaux et recomposition des esapces de gouvernance en Amérique centrale

Le projet

Panama
Jérôme Fresneau

Dans ce travail doctoral, nous cherchons à démontrer dans quelle mesure en Amérique centrale la multiplication des conflits socio-environnementaux associés aux activités extractives peut être facteur d’un ajustement des espaces de gouvernance, qui sans faire renoncer aux États leur vocation de contrôle du territoire et de la population, permet l’émergence de nouvelles configurations territoriales et d’espaces d’expression et d’alternative originaux. La région centraméricaine est une entité géographique marquée par la fragmentation historique de ses espaces de gouvernance. Cependant, l’émergence à partir du 20ème siècle de nouveaux modèles nationaux (liés à la démocratisation, à l’intégration régionale croissante et à la reconnaissance de droits spécifiques à certaines catégories de population) et l’affirmation de la globalisation caractérisée notamment par l’extraversion économique et l’exploitation des ressources naturelles sont à l’origine d’une recomposition des structures territoriales de cet espace. Aujourd’hui, l’instauration d’un nouveau cycle minier s’illustre par la multiplication des projets miniers et la part croissante du territoire sous concession minière. Ce « boom minier » a pour conséquence d’affecter les configurations institutionnelles et politiques au niveau local et institutionnel. En réponse, se développe une dynamique conflictuelle marquée par une multiplication des conflits sociaux autour, notamment, des questions environnementales. Ainsi émergent de nombreux conflits caractérisés par la prégnance des luttes indigènes et paysannes liés à la défense des ressources naturelles, de la biodiversité et de l’environnement, et à une « perte de contrôle » sociale du territoire. Dans cette perspective, les conflits représentent des situations d’action à travers lesquelles émerge dans les groupes contestataires une construction sociale et politique de l’environnement. L’implantation d’activités extractives et les conflits sociaux et environnementaux qui en résultent sont le reflet d’une opposition entre différents « projets géographiques » : c’est la rencontre sur un même espace entre différents acteurs sociaux, différents modèles de développement, de différents projets politiques, de différentes territorialités. En somme, l’objectif est de saisir l’instauration à différentes échelles des rapports de forces entre les acteurs qui composent les processus conflictuels: acteurs mondiaux (entreprises multinationales, organisations non gouvernementales, institutions internationales), acteurs locaux (organisations sociales, collectivités locales, société civile, entrepreneurs et groupes de pouvoir locaux), acteurs étatiques (pouvoirs politiques, différents ministères) et acteurs économiques nationaux (entreprises, lobbys). Pour cela, il importe de s’interroger sur la manière dont les situations d’actions liées à des projets d’extraction relèvent, au-delà des revendications environnementales, d’une remise en cause des processus de gestion sociale, environnementale et politique des territoires, et donc des formes actuelles de gouvernance. Ce travail s’intéresse, à partir des dynamiques conflictuelles socio-environnementales et plus généralement aux interactions sociales autour de l’environnement, aux recompositions et à la circulation à différentes échelles des formes de gouvernance (du territoire, de l’environnement, de la biodiversité). Notre recherche portera sur l’analyse de deux études de cas. Bien qu’en cours de définition, des projets miniers sont d’ores et déjà « pressentis », car offrant une richesse et une diversité des situations d’analyse. Le projet minier « Petaquilla », mené par une major canadienne et prévoyant des investissements massifs, se situe à l’intersection de deux provinces de l’est du Panama. Ce projet permettra de s’intéresser aux multiples formes actuelles de gouvernance du pays (comarques, terres collectives, aires protégées) et aux différents registres de contestations qu’entraine le projet (recours juridiques, projets de loi, manifestations violentes). De même, il se situe dans un pays résolument engagé depuis sa création dans les politiques libérales et l’extraversion économique, et faisant partie des pays les plus riches de la région. Parallèlement, le projet minier « La Libertad », localisé dans la partie centrale du Nicaragua, est un projet de moindre ampleur mené par une junior canadienne. Situé dans un pays réalisant depuis les années 1990 une difficile transition à une économie de marché, le conflit a pour spécificité de rassembler considérations environnementales des populations locales et préoccupations des orpailleurs artisanaux pour leur activité. Le Nicaragua, pays parmi les plus pauvres de la région, s’est depuis 2001 résolument engagé en faveur de l’extraction minière sur son territoire.

Catégorie R&D (Académique, finalisée, technologique, transfert) et pré-pendant- ou post activité minière
Recherche de doctorat
Principles disciplines du projet
Géographie
Principales thematiques du projet
Conflit socio-envionnemental, conflit minier, gouvernance, écologie politique
Equipes chercheurs et ingénieurs (nom, prénom, institution, discipline)
  • Jérôme Fresneau, Non spécifié Géographie du développement, Université Paris Diderot - Laboratoire CESSMA
Partenaires académiques scientifiques
Laboratoire CESSMA - École de Géographie de l'Université du Costa Rica
Partenaires industriels
Non spécifié
Partenaires sociétés civiles
Non spécifié
Partenaires collectivites
Non spécifié
Duree du projet
3 ans

Valorisation du projet

Publication dans quelle revue, colloques, ateliers de restitution nationaux ou internationaux, livres, film
Non spécifié